Document 3 : Les lois économiques
Toute
science désire mettre en évidence des lois, c'est à dire des rapports constants
de causalité, ou des conditions d'apparition entre deux phénomènes. Les
économistes ne font pas exception. Cependant, comme toutes les sciences de
l'homme, la nature de ces lois a fait l'objet de grands débats. (…) Les
économistes se sont alors orientés vers la distinction entre deux types de
lois. D'une part les lois qui dérivent d'un raisonnement abstrait et logique, à
partir d'hypothèses (ou postulats). D'autre
part, des lois statistiques, ou encore de tendance, qui permettent de
mettre en évidence des effets économiques ou des évolutions ayant tendance à se
répéter.
Il
est évidemment parfois difficile de distinguer entre ces deux grands types de
lois. Il existe, chez les néoclassiques, des enchaînements qui prévoient des
tendances à partir de l'application de principes. Toutes les "lois de
tendance" ne résultent pas de simples constatations ou des fréquences
statistiques. Quoi qu'il en soit, tous les économistes tentent de découvrir des
lois, des automatismes, des effets, des phénomènes de régulation. Si une
science veut sortir de la simple description et aller vers l'action et la
prescription une telle recherche est nécessaire. Savoir la nature de ces lois,
leur universalité ou leur relativité historique est un autre problème.
Tous
les économistes sont aussi d'accord sur un point : ces lois sont
conditionnelles. Les lois logiques dépendent des postulats relatifs de la
rationalité. Les automatismes, effets et mécanismes, ne sont vérifiés que si
des phénomènes étrangers ne viennent pas perturber leur fonctionnement. Les
économistes expriment le caractère conditionnel des lois économiques par la
formule : " toutes choses étant égales par ailleurs".
Jean-Marie Albertini et Ahmed Silem, Comprendre
les théories économiques.